Frise chronologique
vers 1513
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
vers 1513 (≈ 1513)
Commandé par Bérenguier Bonnefoy, capitoul.
1548
Transmission à Jean de Bonnefoy
Transmission à Jean de Bonnefoy
1548 (≈ 1548)
Conseiller au Présidial et notaire royal.
1729
Rénovations par Jean-Jacques Lacaze
Rénovations par Jean-Jacques Lacaze
1729 (≈ 1729)
Ajout de son blason et devise.
1950
Classement de la tour
Classement de la tour
1950 (≈ 1950)
Inscrite aux Monuments Historiques.
1957
Restauration par Roger Amalric
Restauration par Roger Amalric
1957 (≈ 1957)
Médaille des Toulousains en 1975.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour située dans la cour : inscription par arrêté du 11 avril 1950
Personnages clés
| Bérenguier Bonnefoy - Capitoul (1513-1514) |
Commanditaire de l’hôtel et de la tour. |
| Jean de Bonnefoy - Conseiller au Présidial |
Propriétaire en 1548, notaire et secrétaire royal. |
| Jean-Jacques Lacaze de Rochebrun - Capitoul (1729-1730) |
Ajoute blason et devise *Uni suspiro*. |
| Roger Amalric - Avocat et bâtonnier |
Restaure l’hôtel dans les années 1960. |
Origine et histoire
L’hôtel de Bonnefoy, situé au 19 rue Croix-Baragnon à Toulouse, est un hôtel particulier construit vers 1513 dans le style de la première Renaissance toulousaine. Il conserve des traces de fenêtres gothiques du XIVe siècle, héritées d’une maison médiévale antérieure appartenant à la famille de La Jugie, dont Bertrand, changeur toulousain. L’édifice est commandé par Bérenguier Bonnefoy, capitoul en 1513-1514, qui y ajoute une tour, symbole de son statut. La façade, remaniée aux XVIIe et XVIIIe siècles, allie corniche moulurée, portes en plein cintre et fenêtres segmentaires.
La tour d’escalier, élevée en 1513, illustre la transition entre gothique et Renaissance avec ses bustes, putti et décor sculpté (accolades, crossettes, feuillages). Ses tympans portent des emblèmes religieux comme le monogramme IHS ou un lion soutenant le blason des Bonnefoy (« d'azur au mouton d'argent »). La cour intérieure, accessible par un corridor orné de la devise Uni suspiro (1730), mène à des façades sobres rythmées par de hautes fenêtres. Le rez-de-chaussée abrite une cave médiévale voûtée d’ogives du XIIIe siècle, avec des culots sculptés de monstres.
L’hôtel change plusieurs fois de propriétaires parmi l’élite toulousaine : les Bonnefoy (capitouls et notables jusqu’en 1614), les Labat (dont Jean-Louis, capitoul en 1651-1653), puis les Lacaze (Henri, capitoul en 1679-1680, et Jean-Jacques, qui ajoute son blason en 1729). En 1957, l’avocat Roger Amalric le restaure, obtenant la médaille des Toulousains de Toulouse en 1975. Aujourd’hui, l’hôtel abrite des appartements locatifs sous le nom La Tour Croix-Baragnon, tout en conservant sa tour classée Monument Historique depuis 1950.
L’architecture reflète des campagnes de travaux successives : vestiges médiévaux (XIVe siècle), remaniements Renaissance (début XVIe), modifications classiques (XVIIIe siècle avec les inscriptions Fixa polo requies et Uni suspiro), et restaurations modernes. Les éléments gothiques, comme les baies géminées à arcs brisés, coexistent avec des motifs Renaissance (enfants nus, modillons à bustes féminins), témoignant de l’évolution des styles entre Moyen Âge et époque moderne.